Du gène à l’octet (2) | Bienvenue en Anthropocène !


Illustration romain Bulteau - Prospective santé IA

Illustration Romain Bulteau

L’Homo Sapiens se dirige vers une aporie [1] que ses sages avaient souhaité éviter.

Mais peut-être s’y dirigeaient-ils eux aussi, déjà, à leur manière, inéluctablement.

Empreint de curiosité dogmatique, entreprenante, Sapiens pousse un râle paroxystique de jouissance stérile et hyper-féconde ; drapé de passivité curieuse, incorporant les valeurs à la fois conservatrices et libérales, libertaires, animé d’un « pessimisme confortable », il prend plaisir à consommer. Chacun accepte les changements quantitatifs de la nature humaine. Maître galactique du paradoxe, des contraires et des oxymorons, souvent déconnecté de l’éthique, l’homo sapiens paramètre son territoire en marquant les quatre coins de sa cour, de ses rues, du monde, de l’étendue spatiale , manquant de furtivité écologique, tels les satellites de magnitude 4 envoyés en orbite polaire, dont l’épaisseur des débris [2] rend perplexe.

Les activités anthropiques laissent des empreintes telles sur l’ensemble de la planète, que certains géologues prédiraient notre entrée, (on a annoncé notre entrée, voici 50 ou 100 ans), dans une ère anthropocène [3] – l’ère la plus courte ayant duré 65 millions d’années.

Prisonniers du temps, serions-nous finalement la superposition de chaque état, comme le chat fictif de Schrödinger, à la fois vivant et mort, ayant survécu et succombé au poison ? Ici dans une expérimentation actuelle mais également ailleurs, dans un ensemble des autres possibles ?

 

Accéder à la suite du dossier > [« Je suis bien », entre simulation et consommation ]


[1] Une aporie (en grec aporia, absence de passage, difficulté, embarras) est une difficulté à résoudre un problème. Pour Aristote, c'est une question qui plonge le lecteur ou l'auditeur dans le doute tout en le poussant à trancher entre deux affirmations : « απορία, διαπορια », c'est-à-dire « contradiction, embarras »

[2] https://debris-spatiaux.cnes.fr/fr/node/122

[3] Il faudrait pour cela établir un standard du temps géologique des critères globaux et synchrones : Géologiques (continuité sédimentaire, taux de sédimentation…) / Bio stratigraphiques (forte modification de la faune pendant une durée importante caractérisée par des fossiles abondants et diversifiés… / Physico-chimiques (isotopiques, magnétiques…)
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/09/12/anthropocene-sujet-geologique-ou-societal_4996574_1650684.html

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